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Histoire " CHASSELAS AOC MOISSAC "
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Dès le Moyen-Age la vigne est présente dans le Bas–Quercy.
Nous pouvons noter la représentation de vigne sur certains chapiteaux du cloître de Moissac, et rappeler la légende selon laquelle les boutures qui ont servi à constituer la célèbre Treille du Roy du château de Fontainebleau, réalisée à la demande de François Ier, seraient originaires du Quercy.
Fin du XVIII siècle : Passage d’une consommation familiale à une culture commerciale. Le déclin de l’activité minotière, qui a fait la richesse de la bourgeoisie de la région, explique en partie la recherche d’une nouvelle production susceptible d’apporter la prospérité à la région. Un terroir favorable à la vigne, une tradition viticole, l’exemple du pruneau d’Agen et le début de la mode de la consommation des fruits auraient favorisé le choix du chasselas. Ce choix est d’autant plus justifié par la présence du cépage chasselas depuis toujours dans le Bas-Quercy pour la consommation familiale, cultivé en treille, en tonnelle ou en guise d’ornement dans les jardins bourgeois.
1830-1850 : Premiers inventaires locaux de raisin .
Ces premiers inventaires dressés entre 1830 et 1850 attestent de la présence de cépage de chasselas dans les cantons de l’arrondissement de Moissac, de la plaine riveraine de l’ Aveyron, du Tarn et de la Garonne et des coteaux environnanents.
1858 : Arrivée de la ligne de chemin de fer Bordeaux-Sète.
J.Baptiste Salers crée la première plantation « intensive » à Montescot près de Moissac. Grâce au chemin de fer et à son audace, il organise un système d’expédition direct vers les Halles de Paris et la vente à la commission. Il est en relation directe avec la clientèle et pour répondre aux besoins de celle-ci, il apprend l’art de bien présenter son produit, il est le précurseur d’ une marque de qualité.
1870 : Le phyllorexa.
Le phylloxera anéantit tous les vignobles du Midi et du Sud-Ouest de la France. L’introduction de plants résistants à la maladie permet la reprise de la culture du Chasselas dans la région de Moissac ainsi qu’ une extension géographique, en particulier l’émergence d’un nouveau territoire autour de Cazes- Mondenard et de Lauzerte.
1912 : Première tournée dans le Sud-Ouest de F.Charmeux.
La compagnie du Paris- Orléans met en œuvre une véritable politique de vulgarisation des techniques culturales et de promotion du chasselas du Sud-Ouest et en particulier de Moissac en organisant des tournées de propagande agricole. François Charmeux, conseiller technique de la compagnie du P.O., originaire de Thomery- l’autre ville du chasselas - joue un rôle prépondérant dans l’évolution de cette production et dans sa commercialisation. En particulier, il expérimentera des méthodes de conservation. Il contribue à l’organisation de la première exposition de Chasselas dans le Cloître de Moissac , puis est chargé d’en assurer la présentation dans toute la France ainsi qu’à l’étranger.
1914 la zone du Chasselas de Moissac compte 4100 ha
1914-1918 : La production résiste. Le Chasselas est l’une des productions agricoles qui souffre le moins de la mobilisation puisque, par tradition, les travaux sont essentiellement assurés par les femmes.
1922-32 : Les chasselatiers s’organisent.
Les chasselatiers s’organisent puissamment afin de défendre leurs intérêts. La Fédération Agricole du Bas-Quercy est créée en 1923 et élargie quelques mois plus tard en Fédération Agricole du Haut et Bas-Quercy dont est membre le très influent Syndicat Agricole de Moissac né en 1922. Elle se préoccupe de la qualité de la production. Le Comité de la Semaine du Chasselas fondé par le Dr Rouanet en 1925 aspire à faire de Moissac une station uvale. L’Association des Producteurs de la région de Moissac voit le jour en 1932 et met en place des règles strictes sur la qualité et le conditionnement, applicables à tous les producteurs " déjà les prémices de l’Appellation d’Origine" et tente de valoriser le Chasselas par la promotion.
1931 : Création da la Société Immobilière et Uvale de Moissac.
Le Dr Rouanet, président du Comité de la Semaine du Chasselas, songe à faire de Moissac une cité uvale de réputation internationale. « Cela pourrait être un excellent remède à la surproduction » déclare-t- il. Moissac possède tous les atouts : - ville située au centre de la plus importante zone de production, - hôtels, promenades, paysages magnifiques, un bassin sur le Tarn… « Moissac est donc appelée à devenir la station uvale la mieux fréquentée de France ! ». On voit les choses en grand, mais la municipalité en prise avec les réparations des dégâts causés par l’inondation de Mars 1930 n’a pas les moyens de ses ambitions. Elle fait appel à des industriels qui créent la S.I.U.M. affiliée à la Fédération des Stations Uvales. Le projet : promenades, hôtel à la place du moulin, port de plaisance, piscine , plage, stade , champs de courses, casino…..enfin tout pour rivaliser avec les stations thermales les plus prestigieuses !
1933 : Inauguration de l’Uvarium.
La ville de Moissac fait construire, près du Tarn une rotonde élégante et spacieuse , un Uvarium dans lequel on peut déguster le chasselas et son jus. Il est inauguré le 10 Septembre 1933 par le Ministre Marchandeau.
1935 : Moissac reconnue 1ère cité uvale de France.
Cet événement fait la fierté des Moissagais même si seuls l’Uvarium et le superbe Hôtel du Moulin sont érigés.
1953 : Jugement du Tribunal de Moissac reconnaissant une Appellation d’Origine pour le Chasselas de Moissac.
Après de longues années de combats professionnels , le 21 juillet 1953 le tribunal tout en condamnant deux producteurs « sans droit pour vendre les produits de leur exploitation sous l’appellation d’origine Moissac, Chasselas de Moissac ou Chasselas doré de Moissac » réaffirmait que l’appellation Chasselas de Moissac était protégée par la loi du 6 mai 1919 sur les appellations d’origine. Il jugeait que le raisin ainsi nommé devait correspondre à des caractéristiques précises :
- intégrité et longueur minimum de la grappe,
- grosseur minimum du grain,
- couleur et aspect du grain,
- intégrité de la rafle,
- présentation de la grappe.
Il peut être « de plein air », en « branché de sac »ou en « branché de conserve ». Il doit en tous les cas provenir de communes où « selon les usages locaux, loyaux et constants » l’appellation Chasselas doré de Moissac est habituellement donnée aux raisins qui y sont produits . De plus ces grappes, suffisamment mûres, doivent être présentées dans leur emballage d’origine, portant le nom et l’adresse du producteur.
1971 : Le Chasselas de Moissac devient le premier fruit frais sous Appellation d’Origine Controlée.
Afin de clarifier et de moraliser l’usage de l’appellation Chasselas de Moissac, le Syndicat de Défense du Chasselas de Moissac demande au Ministère de l’Agriculture la promulgation d’un décret . Celui-ci prévoit :
- La déclaration en mairie de toutes les parcelles de vigne AOC
- La centralisation des déclarations permettant un registre d’appellation
- La possibilité de contrôle
- L’institution d’une vignette unique délivrée aux producteurs remplissant toutes les conditions
- Une commission de l’appellation qui sera dénommée AIACM (Association Interprofessionnelle de l’Appellation Chasselas de Moissac).
1996 : Création de la barquette Chasselas de Moissac AOC.
L’emballage traditionnel n’étant pas adapté au libre service pratiqué par la grande distribution (60% des achats), les chasselatiers décident de proposer aux consommateurs un produit irréprochable dans un emballage unitaire : la barquette spécifique au Chasselas de Moissac AOC est née !
1998 : Le Syndicat de Défense.
Afin de répondre aux exigences de l’ INAO, l’AIACM devient Syndicat de Défense du Chasselas AOC de Moissac. Il est administré par 45 délégués de secteur, élus sur toute la zone d’appellation.
1998 : Constitution d’un groupe « transmission du savoir-faire ».
Depuis 1998, un groupe de chasselatiers et de chasselatières travaille à l’élaboration d’un projet de valorisation patrimoniale culturale et culturelle de la production de Chasselas de Moissac AOC.
Expliquer ce métier,
Transmettre ses savoir-faire,
Partager la passion pour ce produit et ce métier,
Exprimer le long travail qui, seul, permet de produire un Chasselas AOC,
telle est l’ambition du groupe pour que demain ce raisin d’exception soit toujours l’ emblème de la ville de Moissac et de tout un terroir.
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